Accueil Non classé Emmerdes ordinaires…

Emmerdes ordinaires…

1
0
54

Attention attention, ceci est un billet de colère, un billet d’énervement latent, quotidien, ordinaire…

Juste histoire de vous raconter 5 minutes, surtout si vous avez la « chance » d’avoir une paire de balloches qui pendouillent où je pense, ce que c’est qu’être une meuf en ville.

Alors pour commencer autant dire les choses telles qu’elles sont : Toulouse est une ville franchement sereine, où il ne se passe pas grand chose, et compte tenu de sa taille c’est même une ville pépère (ou mémère, comme ça vous chante…). On est loin de se croire dans un film de gang à tous les coins de rue et rentrer chez soi à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit n’a jamais vraiment constitué un travail d’Hercule… Mais…

Ben oui fallait forcément qu’il y ait un mais…

Mais ça c’est surtout valable si vous êtes un mec.

Parce-que si vous êtes une nana, c’est pas la même…

Vraiment, vraiment pas…

Alors autant dire de suite que ce billet est le produit du ras-le-bol de sa rédactrice, suscité par une énième agression en l’espace de quelques mois.

Rien d’extraordinaire, hein, simplement un enfoiré qui en me voyant rentrer chez moi, seule et saoule, me taxe un clope… Et puis moi je lui offre… Et on discute, et c’est normal en fait… Et il me demande l’heure… Et je sors mon portable, qu’il tente de m’arracher des mains.

Je dis « tente » parce-que je ne sais pour quelle raison ben même si ça n’est qu’un portable ça m’a vraiment collé une montée de rage, alors j’ai pas lâché, j’ai résisté…

Et j’ai pris une première grosse gifle dans la tête…

Mais j’ai pas lâché…

Alors j’en ai pris une seconde, à l’arrière de la tête celle-là… Le temps que mon cerveau arrête de faire la cloche, puisque je tenais toujours mon téléphone, mon agresseur a profité de mon épaule cassée et de mon bras en écharpe pour attraper le bras et tirer dessus de toutes ses forces…

Alors j’ai hurlé et j’ai lâché…

Au fait, je vous ai dit qu’il y avait des gens, dans mon souvenir trois ou quatre personnes, à 50 mètres ? Que bien sûr ils n’ont pas réagi ?

Après ça comme j’étais passablement énervée j’ai essayé de rattraper le gars… Vu les coups qu’il a mis sur mon bras valide cette fois j’ai lâché pour de bon, et l’ai regardé s’enfuir en courant en l’abreuvant de mon meilleur palmarès d’insultes…

Et je suis rentrée chez moi en pleurant à chaudes larmes…

Parce-que je lui en voulait à mort de m’avoir fait ça…

Parce-que je suis une femme, et qu’en tant que telle je constitue une cible privilégiée pour un paquet d’individus…

Et que les flics osent me dire que quand je rentre tard « faut sortir accompagnée »… Désolée je n’avais pas loué de paire de couilles pour la soirée, quelle étourdie suis-je donc !

Ca c’était la dernière en date… 1 mois auparavant j’étais harcelée plusieurs jours d’affilée par un taré qui est passé toutes les heures sonner chez moi et me menacer de viol…

Et que juste avant c’était un gars qui manifestement ne comprenait pas le sens du mot « non » et m’a suivi du pont neuf jusqu’à chez moi, 25 minutes de marche plus tard, en essayant régulièrement de m’attraper par la taille ou les épaules… Jusqu’à ce que je craque et le menace de me battre s’il ne s’arrêtait pas… Boh il est parti, évidemment en me traitant de sale pute trop moche… Ben ok mon gars mais c’est toi qui me suit là, non ?

J’en passe et des meilleures, parce-qu’en fait c’est tout le temps…

Il y a un an quand un groupe de 5 mecs me tombent dessus pour me piquer mon portefeuilles, y en a un qui en profite au passage pour glisser sa main dans ma culotte… Parce-que me braquer c’est pas suffisant…

Et c’est le gars qui laisse trainer sa main sur ton cul dans le métro, dans la rue…

C’est le mec qui te branche et qui te traite de pute si tu lui réponds pas…

Voire qui te pète le nez si tu lui réponds

C’est le nazi qui roule sur ma pote parce-que son vélo l’a gonflé, et que comme il avait une meuf en face il s’est dit qu’il pouvait… Froidement… (oui j’assume mon point Godwin les amis, mais est-ce qu’il est possible de vous faire sentir comme c’est éprouvant, au bout d’un moment ?).

Il est là le problème…

Le monde actuel n’est pas franchement le pays de Oui-Oui, on est tous d’accord là-dessus, mais être une femme c’est la double peine, je peux vous l’assurer.

Et quand on essaie d’en parler vers l’extérieur ça dérange, c’est minimisé…

Et nos pouvoirs publics, notre cher Jean-Luc Moudenc (encore lui) estime qu’il n’est pas besoin de finaliser une expo pourtant commandée sur le Harcèlement de Rue

Bref ceci n’est que le début d’un coup de gueule, on en reparlera…

Sûrement trop vite pour mes nerfs…

Dot

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par toulousainesliberees
Charger d'autres écrits dans Non classé

Un commentaire

  1. Dine

    23 décembre 2014 à 22 h 49 min

    Bonjour!! Juste pour te soutenir dans ton coup de gueule.. Je suis barmaid et travail dc de nuit et suis entourée de gens alcoolisés… Je n’ose plus sortir seule depuis mon agression et celles de mes ami(e)s… Cette ville est devenu lâche et violente.. Gratuitement! Et les autorités ne bouge même pas quand on les appels… Que peut on concrètement faire?!..

    Répondre

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Retour d’un séjour en Utopie

Il y a des week-ends qui marquent plus que d’autres… Accompagnant le groupe Di…