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Retour d’un séjour en Utopie

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Il y a des week-ends qui marquent plus que d’autres…

Accompagnant le groupe Dizzy Turn (si tu ne connais pas tu peux découvrir , puis, et aussi !) venu jouer dans un festival au coeur du Lauragais, je ne m’attendais pas à repartir de là avec une telle charge émotionnelle et autant de lumière dans les yeux.

Alors déjà il faut expliquer… Les Utopiennes, c’est un festival qui a lieu chaque année, et qui sert à montrer et faire vivre l’activité de la ferme de Bies, à côté de Mourvilles-Hautes, Un lieu pour l’Utopie (oui c’est son nom).

Un lieu pour l’Utopie, c’est le résultat du travail et, je dois dire, de la vision, d’un couple, Michèle (adorable et enjouée Roudoudou) et Martial (à qui je compte sous peu demander de m’adopter je pense !).

Le lieu est à l’initiative de Martial : convaincu comme beaucoup de la nécessité d’expérimenter le changement de société voulu par le mouvement hippie après mai 68, Martial arrive dans le Lauragais en 1973 et tombe amoureux de cette ferme où tout est à faire… Comme tout est à faire dans le parcours de vie des personnes qu’il accueille dès les débuts du lieu, personnes en errance ou en ermitage, personnes blessées par la vie, par le système, qui viennent se ressourcer et prendre un nouveau départ dans leur existence au terme d’un séjour ou Martial fait du don une valeur pivot.

Car il donne Martial, il suffit de quelques secondes en sa présence pour le savoir, cet homme respire la générosité : intellectuelle, affective, matérielle… Martial ne connaît pas l’avarice !

Le portrait du hippie est facile à brosser, mais il ne faudrait pas s’imaginer une bande d’énergumènes éthérés…

La ferme vit de la vente de sa production, volailles, brebis, maraîchage, et cela lui permet de garantir l’accueil des personnes en quête de « repos », de femmes en détresse, ainsi, tous les quinze jours, que d’un jeune adulte trisomique.

D’autant que par souci de liberté, Martial et Michèle, sa « femelle » comme il la nomme avec une tendresse infinie, refusent les subventions qui conditionneraient leur action à une norme qui n’est pas la leur. Difficile dès lors de se faire entendre correctement dans le monde ultra-normé et codifié des travailleurs sociaux qui leur envoient régulièrement des personnes en difficulté. D’autant que la ferme accueille depuis 1992 des femmes en difficulté afin de leur permettre, à elles aussi, de se reconstruire et de prendre un nouveau départ.

L’association « Un lieu pour l’Utopie » est donc créée en 2003, elle est autosuffisante, ne reposant que sur les dons des adhérents et les ventes des produits de la ferme, et elle développe petit à petit, à la faveur des chantiers, ses activités d’accueil, qui est, je le rappelle tant c’est spécifique, parfaitement et intégralement gratuit.

Voilà pour l’histoire, voilà pour le cadre.

Ce que je ne peux vous transmettre ici, bien que j’en meure d’envie, c’est le ressenti. S’il est vrai qu’un lieu vibre de l’énergie de ses habitants alors qu’elle est belle l’énergie qui se dégage de la ferme de Bies ! Le lieu comme les gens respirent la bienveillance, le souci d’autrui, la notion valorisée de bien commun… Oui c’est bien un lieu qui n’est nulle part, tant l’étouffement du monde urbain, du système oppressant, ne s’y font pas sentir…

Soyons clairs : si vous n’avez pas lu « Utopia » de Thomas More (fauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuute) je vous en conseille la lecture trèèèèès fortement, et là vous commencerez à avoir une idée de l’incroyable réalisation de Martial, Roudoudou, et de leur entourage, dont les générations se succèdent et demeurent à leur côté.

Pour ma part, car je ne peux parler que pour moi, ce fut un vrai coup de coeur, un séjour qui m’a remis du baume à l’esprit, qui m’a permis de croire que la matrice idéologique à laquelle je me raccroche depuis tant d’années n’est pas vouée à l’échec, elle ne peut simplement pas dépasser la qualité de ceux qui la portent…

Les habitants de Biès l’ont amenée très loin, la font vivre au quotidien, donnent du sens là où la société capitaliste moderne tourne à l’absurde…

Mark Twain a écrit un jour « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », je suis sûre qu’il ne m’en voudrait pas d’offrir cette citation à ces personnes exceptionnelles, telles qu’on n’a pas souvent la chance d’en croiser.

Merci à Martial et Roudoudou d’être ce qu’ils sont.

Mon ciel en est plus lumineux…

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PS : j’oublie de dire que l’association organise également la « journée extraordinaire » pour les personnes en situation de handicap, dont je compte bien vous faire un compte rendu précis, puisque ça me fera un motif supplémentaire d’aller me ressourcer à Biès ;)

 

Pour la présentation de l’association « Un lieu pour l’utopie’ c’est ici : http://utopie.bies.fr/

Les Utopiennes : http://utopie.bies.fr/les-utopiennes

La dernière journée extraordinaire c’était comme ça : http://clown-hopital.com/journee-extraordinaire-riche-de-rencontres/

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